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Publié le 23 juin 2016 à 08:56 dans Actualité , Migrations

Peter4Peterborough, Royaume Uni. Pour de nombreux Britanniques c’est un dilemme shakespearien qui se présente aujourd’hui dans l’isoloir. Sans exception les gens que je rencontre ici Peterborough à l’est de l’Angleterre ne sont pas convaincus par l’Union européenne. Pourtant beaucoup voteront quand même pour le “Remain”, le maintien dans l’UE. “Nous sommes dans une meilleure position en restant car il est préférable de résoudre nos problèmes à l’échelle européenne”, explique Joseph Wells, un dirigeant de 24 ans de la section locale de Verts. Et il ajoute: “Nous devons montrer au monde que nous sommes pour l’Union européenne mais que cette Union doit aussi changer.”



Dans le camp du “Leave”, probablement majoritaire à Peterborough, les choses sont plus claires. Jay Beecher est le vice président local du parti eurosceptique UKIP. Il est aussi le coordinateur de la campagne en faveur du Brexit. “Pour nous c’est avant tout une question de démocratie, de souveraineté et d’immigration. L’Angleterre doit redevenir indépendante et retrouver sa démocratie.”


Une douzaine de militants sont réunis autour d’une table pour les derniers préparatifs de campagne qui se déroulent encore le jour même du vote: distribution de tracts et premiers décomptes à la sortie des urnes. On y trouve des hommes et des femmes de tous les âges. “Pour moi c’est avant tout une question de démocratie”, me dit l’un des militants, marié à une Allemande. Dans ce camp beaucoup de monde a de la peine à accepter les commissaires européens et autres dirigeants de l’Union qui sont des fonctionnaires nommés et pas élus par le peuple.



Peter3Mais surtout ici l’élément primordial est l’immigration, à un niveau quasiment obsessionnel. Une jeune militante très volubile m’explique: “J’aurai bientôt des enfants. Je ne veux pas qu’ils se retrouvent dans des classes où la plupart des élèves ont des difficultés à s’exprimer en anglais.” Je retrouve ce leitmotiv chez presque touts les partisans du Brexit. C’est surtout l’ouverture de la libre circulation aux nouveaux pays européens d’Europe de l’Est qui est mal passé. Une forte communauté polonaise et lithuanienne s’est installée avec ses lieux de rencontre et ses magasins d’alimentation qui choquent de nombreux Britanniques “de souche”. La jeune femme en vient même à idéaliser les immigrations précédentes: “Lorsque les Italiens et les Pakistanais sont arrivés, cela ne posait pas de problème et ils ont contribué au développement de l’économie, mais là, c’est beaucoup trop.”

 



Un pays divisé
Pourtant les dernières statistiques démontrent que dans cette ville de 19’000 habitants, 71 % se considèrent comme “White British” et 79,4 % sont nés au Royaume Uni (ONS). Finalement, de nombreux partisans du “Leave” attribuent peut-être à l’Union européenne un problème qui est surtout un manque de politique d’intégration des autorités britanniques, tant au niveau national que local. Et ce problème, quel que soit le résultat du vote d’aujourd’hui, devra bien être résolu dans un pays qui restera divisé en deux par le Brexit, même après son rejet ou son acceptation.

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