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Publié le 14 mars 2016 à 02:39 dans Actualité , Brésil , Sports

Vila_autodromo1Vila Autódromo, Rio de Janeiro, Brésil. Un petit village peuplé d’irréductibles Cariocas résiste encore et toujours à l’envahisseur olympique; c’est la favela de Vila Autódromo proche de la lagune de Jacarepaguá. Cet ancien village de pêcheurs se trouve pour sa malchance en bordure du futur Parc Olympique qui abritera une partie des Jeux d’été 2016 à Rio de Janeiro. Au pied de la tour de verre ou travailleront les journalistes, le terrain plat de la favela devrait servir de parking pour les camions de transmission des télévisions.

 

 

Vila_autodromo6Une vingtaine de familles sur environ sept cents empêchent comme ils le peuvent la poursuite de la démolition de leurs maisons. Et il semble qu’ils finissent par avoir à l’usure le Maire de Rio de Janeiro Eduardo Paes. Il a annoncé la semaine dernière qu’après les JO une trentaine de maisons seront reconstruites par la municipalité ainsi que deux écoles pour les habitants qui ont refusé de partir. La lutte de ces irréductibles a fait le tour du monde. Il en a même été question au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève. « Si la Vila Autódromo est détruite, c’est la fin de la démocratie au Brésil », déclare Delmo, le directeur de l’ancienne Association des habitants.

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître dans ce qui n’est plus qu’un champ de ruines envahi de moustiques gavés de zika, les habitants sont attachés à ce lieu. Pour Sandra qui vit ici depuis 21 ans, c’est « l’amour de la terre » qui la fait résister. Et elle ajoute : « A Rio, vivre dans un quartier comme ici non contrôlé par les trafiquants ou les milices, c’est plutôt rare ! »

 

Nouveau lotissement

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Parque Carioca

Mais tous les habitants de la Vila Autódromo n’ont pas eu cette volonté de rester. Sur environ 700 familles, un peu plus de 500 ont accepté de s’installer dans un complexe de HLM de la région, le Parque Carioca. Certains, comme Vicente qui n’avait vécu que trois ans à la Vila Autódromo, sont plutôt contents : « Je suis bien mieux logé qu’avant.» Mais la majorité de ceux qui ont déménagé ou ont accepté un dédommagement financier, l’a fait de guerre lasse. Après 38 ans dans la favela, Edileusa a vu sa maison et celle de sa fille démolies. Pour des raisons liées à l’habituelle pagaille administrative brésilienne, elle nous dit n’avoir reçu qu’un appartement de deux pièces ou vivent maintenant huit personnes.

 

 

Difficulté de négocier
Une fois de plus au Brésil, cette controverse aurait pu être réglée avec plus de doigté par les autorités. La négociation et le consensus ne sont pas habituels ici entre les autorités et la population. Une proposition de réurbanisation du quartier avait même été proposée en 2013 par un collectif d’habitants de la favela. Il incluait l’utilisation d’une partie du terrain pour le Parc Olympique et le maintien des habitants. Ce projet urbanistique avait reçu des prix en Allemagne et en Grande Bretagne. Il avait été fraîchement reçu par la Mairie de Rio. Pour les irréductibles de laVila Autódromo, c’est aussi l’arrogance des autorités à leur égard qui a durci leur position. Ainsi que le projet de voir le site transformé en un lotissement de luxe après les Jeux Olympiques. Maintenant tout semble enfin sur la table de discussion, mais après bien des drames.

 

Des habitants de la Vila Autódromo

 
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