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Publié le 13 septembre 2015 à 16:18 dans Actualité , Migrations

Hegy3Hegyeshalom, Hongrie - Nickelsdorf, Autriche. Quarante mille: c'est le nombre de migrants censés passer ce week end en Autriche pour arriver en Allemagne. Un nombre élevé qui a nécessité un grand déploiement logistique dans ces deux pays. Nous arrivons en gare de Hegyeshalom, un village hongrois frontalier avec l'Autriche. A l'époque communiste, c'était le lieu de tous les trafics. Depuis le matin, toutes les vingt minutes un train amène de Budapest des groupes de migrants. Le retour du soleil et la prochaine sortie de Hongrie leur redonnent le moral.


Hegy4Nous faisons connaissance de Hayat. Cette femme au maquillage permanent vient de Damas où elle possédait un studio d'aérobic. Elle voyage avec sa soeur Manal et ses neveux. Dans son survêtement rose, Hayat semble sortir d'une salle de fitness: "C'était pas trop pénible pour moi car je suis monitrice de gym et d'aérobic. Mais c'était très dur pour les familles, pour les enfants ou pour ma soeur et les personnes âgées."

 

"Gardez le sourire..."
Hayat a perdu deux frères dans la guerre. Alors malgré sa bonne humeur, il y a trois semaines, elle finit par craquer et quitte la Syrie: "Cette année on ne pouvait plus rien faire, on ne pouvait même plus penser. On était trop angoissé. Mais si la guerre s'arrête, tout le monde rentrera en Syrie." Manal, la soeur de Hayat a de la peine à marcher car ses pieds son couverts d'ampoules. Mais son aînée conserve le moral: "Gardez le sourire et la vie vous sourira!"

Hegy1Trois km encore jusqu'à la frontière autrichienne. Et aucun moyen de transport à disposition. Les autorités hongroises font tout pour rendre difficile la traversée du pays et montrer que l'arrivée des migrants ne peut être que chaotique.  Seuls des bénévoles se dévouent comme dans plusieurs villes de Hongrie. Peu avant la frontière, ils offrent de l'eau et un casse-croute au migrants.

 



Et c'est enfin l'Autriche. Malgré la fatigue, presque tous ont le sourire. Certains crient de joie comme s'ils arrivaient en terre promise. "Je suis très heureuse, nous dit Hayat, mais pas seulement pour moi, aussi pour tous ceux qui ont enduré ce long chemin." Dans le camp de transit de Nickelsdorf, 7'000 personnes arrivent ce jour-là. Elles peuvent se restaurer et sont aidées cette fois par des bénévoles autrichiens. La soeur de Hayat est emmenée dans une tente de premiers secours de la Croix-Rouge autrichienne.

Hegy2Hayat et sa soeur peuvent maintenant songer à leur avenir en Allemagne, le but de leur voyage: "J'aimerais continuer mes études et travailler, c'est tout. Quand on veut travailler on trouve toujours du travail." Quelques minutes avant de monter dans le bus, je lui demande ce qu'elle voudrait dire aux Européens inquiets de cette vague migratoire. "Qu'ils cessent d'avoir peur et qu'ils viennent voir par où nous avons dû passer."

 



A Nickelsdorf des bus sont mis à disposition des migrants pour la suite de leur périple. Mais en raison de leur grand nombre, leur embarquement prend du temps. Finalement Hayat et sa famille peuvent monter dans un bus pour Vienne. Un train les amènera ensuite en Allemagne.La fin du voyage mais pas des incertitudes.

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