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Publié le 10 septembre 2015 à 00:44 dans Actualité , Migrations

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Mohannad juste avant de traverser en Macédoine

Idomeni, Grèce. Je veux vous dire quelque chose, les passeurs qui nous ont amenés de Turquie en Grèce devraient tous aller en prison. Ils font du commerce avec notre âme." Mohannad, un Syrien bedonnant d'Alep en est encore traumatisé. Autant par les risques encourus sur une embarcation gonflable que par le prix de 1'100 euros par personne qu'il a dû payer pour lui, sa femme et leurs deux enfants afin d'être amenés sur l'île de Lesbos la semaine dernière. Maintenant il fait la queue en compagnie de centaines de migrants dans le no man's land qui sépare la Grèce de la Macédoine.


Mohannad n'est pas plus tendre avec ses compatriotes: "A Alep, tout le monde nous volait, autant les milices de l'opposition que le gouvernement." Il avait une petite agence qui organisait les voyages entre la Syrie et l'Arabie saoudite. Mais tout est paralysé avec la guerre et il n'en pouvait plus de risquer à tout moment à recevoir une bombe sur la tête. "Je veux aller en Suède rejoindre un cousin, nous dit-il. En Europe le système fonctionne, ce n'est pas comme en Syrie."

La première étape de notre rapide carnet de route avec les migrants a commencé le matin à 7 heures à la gare routière de Thessalonique. Quelques centaines de personnes s'apprêtent à  monter dans des bus en direction de la frontière macédonienne, à 80km au nord. Apparemment peu de Syriens mais beaucoup d'Afghans, surtout des Hazaras, d'après leurs traits. Aussi des Erythréens, des Soudanais et d'autres Africains. En plus de la ligne régulière, le gouvernement grec met des bus à disposition pour accélérer le passage.

L'illégalité légale
Idomeni2A côté du village frontalier d'Idomeni, un bout de ligne de chemin de fer temporairement désaffecté sert de voie de passage officieux aux migrants. Plutôt bienveillante ici, la police grecque organise des groupe d'une cinquantaine de personnes en files de deux. Des ONG internationales et locales assistent les migrants: soins médicaux, boissons, nourriture.

Quelques mètres plus loin un passage boueux au milieux des barbelés permet de traverser en toute illégalité la frontière, devant des policiers macédoniens en treillis et aux mines patibulaires.

Comble de l'absurde et de l'hypocrisie de la situation, trois km plus à l'est, la route internationale, équipée d'un poste de douane moderne permettrait de passer en de meilleures conditions. Mais dans ce cas, il s'agirait d'une entrée légale en Macédoine et donc impossible pour des migrants sans visa…

A Gevgelija en Macédoine, les migrants sont alors ensuite rassemblés dans un camp assisté par des agences de l'ONU puis embarqués dans un vieux train en direction de la prochaine frontière, celle de la Serbie...

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