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Publié le 21 janvier 2014 à 18:01 dans Actualité , Russie , Sports


Akhshtyr, région de Sotchi, Russie.
C'était un trou de verdure où coulait une rivière. Mais depuis 4 ans les 360 habitants d'Akhshtyr sont recouverts de poussière. Leur hameau en bordure de la Mzymta a le malheur de se trouver en-dessous de deux carrières et d'une décharge de gravats, toutes utilisées pour la construction des sites olympiques.

 



La route d'accès passe entre les maisons. Même si le trafic des camions a récemment diminué, la vie des habitants est un cauchemar. A commencer par celle d'Alexandre, producteur de kiwis et président du village: "Je ne fume pas mais le matin je tousse comme un fumeur acharné, et tout le monde ici tousse comme moi… Regardez mes kiwis. Je ne les récolte plus. Ils sont tout noirs à cause de la poussière et de la boue. C'est les oiseaux qui les mangent car personne ne les achète."


Akhshtyr2Auparavant  Alexandre produisait deux tonnes de kiwis par an. Depuis, une autoroute de 48 km et une voie ferrée ont été construites avec 12 tunnels et 46 ponts. Elles relient Sotchi aux stations de ski. Elles passent à quelques mètres du village d'Akhshtyr. Toutes 40 minutes, un train passe sous le nez d'Alexandre.

 

 


Sans-abri olympique

Et le comble c'est que son terrain a été du coup englobé dans une réserve naturelle créée pour l'événement, sans aucune indemnisation. Sa maison ne lui appartient même plus, il ne peut  ni la vendre ni la céder en héritage à ses enfants. Le président du village est amer: "S'il n'y avait pas mon fils pour gagner de l'argent et me soutenir, je ne sais pas comment je vivrais. Je suis devenu un sans-abri olympique. Je les maudis ces jeux."

Akhshtyr1
La poste couverte de poussière

Il n'y a plus d'eau courante ici. Les tuyaux ont été cassés pour l'accès des camions. Et le tracé de l'autoroute empêche les enfants d'aller à l'école à pied, même si certains se hasardent sur la chaussée. A part de rares bus, les habitants d'Akhshtyr sont captifs d'une enclave de poussière. Même la postière du village n'a plus la fibre olympique: "On ne nous amène presque plus d'eau. Il  n'y a qu'un camion-citerne qui circule mais on ne sait jamais quand."



Loin de ces préoccupations terre à terre, à Sotchi on met la dernière main à la pâte afin que la ville brille de tous ses feux le 7 février.

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