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Publié le 28 novembre 2012 à 12:08 dans Actualité , Brésil

Vidigal4Rio de Janeiro, Brésil. Depuis la pacification, des touristes commencent à s’aventurer dans les favelas de Rio. Ils sont en général bien reçus par les habitants qui sont fiers de voir leur quartier devenu un centre d’intérêt après des décennies de rejet et de préjugés négatifs. La visite et passionnante tant sur le plan humain qu’architectural. Le seul point négatif est l’omniprésence de déchets dans les rues malgré un réel effort de la municipalité.

Pour une visite, il faut toutefois éviter absolument les tours proposés par certaines agences dans des sortes de jeeps-safari. C’est très mal vécu par les habitants qui se sentent comme des animaux d’un zoo devant les objectifs des intrus. Il existe heureusement d’autres options. En voici quelques unes.

 

1)       Favela Santa Marta. Située au-dessus de Copacabana, c’est la première à avoir été pacifiée. C’est là que Michael Jackson a enregistré un clip. Une statue a été érigée en son honneur ! Il suffit de se rendre en taxi ou en métro (Station Botafogo) jusqu’à la Place Corumbá, le long de la rue São Clemente. Un kiosque de Rio Top Tour, parrainé par l’UPP Social accueille tous les jours les visiteurs. En général on y trouve un guide anglophone. On est alors emmené par le funiculaire puis à pied à travers le dédale des ruelles pour un tarif de 30 R$ (15 frs suisses) par personne. Initialement le projet était censé faire participer des habitants de la favela à la visite mais le plus souvent ce sont des assistants sociaux de l’UPP Social qui s’en chargent.

 

2)       Favela de Vidigal. La plus spectaculaire par la vue sur les plages de Leblon et Ipanema (voir plan). Le plus simple est de s’y rendre à pied en longeant l’avenue Niemeyer qui commence tout au bout de Leblon. Cela prend une dizaine de minutes. On passe d’abord par deux terrasses avec une superbe vue puis une sorte de passerelle longe l’hôtel Sheraton et on arrive à la petite place en bas de la favela. Le lieu est toujours animé avec des boutiques, des véhicules de police et une nuée de moto-taxis qui attendent les clients. On peut alors continuer à pied et remonter la rue principales très raide et sinueuse ou se lancer sur une moto-taxi. Le casque obligatoire est fourni par le conducteur. Il faut se tenir avec les mains aux barres arrières et ne pas toucher le pot d’échappement avec les mollets ! On peut demander d’être amené au sommet de la favela, au lieu-dit Arvrão, juste à côté de l’hôtel cinq étoiles en construction. Le trajet coûte 2,50 R$ (1,25 frs suisses) à la montée et 1,50 R$ (0,75 frs suisses) à la descente. Plusieurs petits restaurants se trouvent sur cette rue, comme par exemple le sympathique Cardapio, juste en face du supermarché Super Rede. Le lieutenant de la police y a sa table habituelle à 13 h 00 !

 

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Terminus de la télécabine
3)       Complexo do Alemão. C’est une des plus grandes de Rio, avec plus de 200'000 habitants répartis dans une douzaine de favelas. Le parcours en télécabine (teleférico) est époustouflant. Le plus simple, sans grandes connaissances de portugais, est de prendre un taxi jusqu’à la gare de départ de la télécabine : Estação Bonsucesso. On y trouve de nombreux touristes brésiliens, surtout le week end, qui viennent se faire des frayeurs en montant pour la première fois dans une cabine. Le billet coûte 1 R$ (0,50 frs suisses) simple course. Il faut aller jusqu’au terminus (Estação Palmeiras), six stations plus loin en une vingtaine de minutes. Le survol du quartier à quelques mètres des maisons et la vue sur la région de Rio sont très impressionnants. A la station terminus on trouve une grande terrasse panoramique avec plusieurs stands de boisson et de nourriture. Une pension est en construction. La police est présente en permanence probablement pour rassurer les touristes. Il n’est pas conseillé de s’aventurer ensuite seuls dans les ruelles qui descendent vers la favela car c’est un labyrinthe dans lequel on peut très vite se perdre.

 

Sécurité. On peut faire ces promenades sans risque en respectant les règles classiques de précaution. Comme dans le reste de la ville de Rio, il n’est jamais très bon de se promener avec son attirail d’appareils de photos en bandoulière. Et avant de photographier quelqu’un, la politesse veut, comme ailleurs, de demander l’autorisation. Il n’est quand même pas recommandé de se déplacer le soir. Et il est totalement déconseillé de se rendre dans les favelas pas encore pacifiées, à moins d’être accompagné par un habitant. Les trafiquants armés qu’on y croise régulièrement ne sont pas encore très ouverts au tourisme de masse…

 

Des hôtels ont même ouvert leurs portes dans certaines favelas. Il paraît que la Pousada Pura Vida, au pied de la favela de Pavão-Pavãozinho, à quelques mètres des rues de Copacabana ,est sympathique. D’autres adresses sont mentionnées dans le site en portugais Turisme na Favela.

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