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Publié le 27 février 2012 à 23:14 dans Russie

PecheurVladivostok, Russie. L’immense Russie qui est passée de onze à neuf fuseaux horaires par un ukaze de son tsar il y a deux ans fascine de nombreux Occidentaux depuis des siècles. Et ils sont toujours tentés de lui coller des clichés plutôt coriaces. Il en va de même à la veille de l’élection présidentielle de dimanche prochain.

Mais depuis trois jours à Vladivostok, j’ai de plus en plus de peine à tirer des lignes claires entre les catégories de mes interlocuteurs et les idées préconçues qu’on véhicule sur l’électorat russe actuel, vingt ans après la chute du communisme.

Passons-les au crible :
Voiture« Les jeunes veulent du changement » : Les ouvriers très jeunes que nous rencontrons dans la moderne usine d’assemblage de voitures Sollers ont des yeux de merlans frits lorsque je leur demande pour qui ils vont voter. Il est vrai que leur fabrique est détenue en partie par le gouverneur de la région de Primorie et ils n’ont certainement pas envie de se griller. Mais ils semble surtout ne pas trop être intéressés par les joutes du Kremlin, à 6'000 km de Vladivostok. Et quand finalement ils donnent une vague réponse, c’est plutôt en faveur de Poutine.

« Les vieux veulent la stabilité » : Les responsables de l’organisation Tigre qui organise courageusement des manifestations pour le démocratie sont plutôt âgés. La différence par rapport aux jeunes ouvriers cités ci-dessus : ce sont des intellectuels sortis des universités soviétiques.

 

Stabilnost
A quelques kilomètres du rivage, des pêcheurs amateurs creusent des trous dans la glace pour y lâcher des lignes. Au loin un brise-glace avance lentement. C’est la splendide baie du fleuve Amour qui se jette ici dans la Mer du Japon. Ces pêcheurs sont tous assez âgés. Le premier, un conducteur de véhicules de transports, nous répond qu’il préfère la « stabilnost ». Il a un petit sourire en coin car il sait ce que les journalistes occidentaux pensent en général de Vladimir Poutine.

Deux cents mètres plus loin un autre pêcheur du dimanche, d’abord un peu bourru, finit par se dérider. Il vend des pièces de voitures japonaises, comme beaucoup de monde ici. « Aucun des candidats n’est respectable », marmonne-t-il en rajustant sa chapka. « Mais on leur survivra, comme d’habitude ! » Il ne votera en tout cas pas pour Poutine.

Cet après-midi, rendez-vous avec des dockers du port de pêche puis avec des ouvriers d’un chantier naval en ruine et finalement avec des jeunes sur un stade de foot. On verra dans quelle catégorie les mettre ! Les poupées russes ne s’emboîtent pas si facilement.

Commentaires

Je suis frustré car je n'arrive pas à ouvrir "la suite" des poupées russes.....

Rédigé par : Baud | 29 fév 2012 21:17:38

Les russes ont bien appris la leçon comme le dit ce vieux sage : " on leur survivra, comme d'habitude". L'avenir est bien sombre.

Rédigé par : landecy | 17 mar 2012 11:19:00

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