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Publié le 23 mai 2011 à 20:15 dans Actualité , Brésil

Casas Nova Friburgo, Brésil. C'est jour de mutirão dans le quartier de Corrego D'Antas. Un travail collectif et bénévole pour continuer de déblayer les tonnes de boue et de décombres amassés encore autour et dans les maisons. Les conséquences des terribles intempéries de la nuit du 11 au 12 janvier 2011 sont toujours bien visibles. De nombreuses familles vivent encore chez des voisins ou des parents. Ce quartier populaire a été particulièrement touché. On estime qu'ici ont péri une trentaine de personnes.

De la maison d’Eusana, il ne reste plus rien. La rivière adjacente a tout emporté. « Quand la pluie a commencé à s’intensifier on est tous allés se réfugier plus loin dans la maison de ma fille », explique t-elle en nous montrant un amas de terre où se trouvait sa maison. Et comme beaucoup d’habitants, elle a perdu aussi son travail. Eusana gagnait sa vie comme garde d’enfants chez elle pendant la journée pour compléter le salaire de camionneur de son mari.

Solidarité entre voisins
Eusana Aujourd’hui, avec une vingtaine d’habitants du quartier, Eusana et son mari réhabilitent une autre maison qu'un voisin leur prête pour quelques mois. Ici la solidarité n’est pas un vain mot. C’est à vrai dire le seul moyen de pallier aux carence de l’état. Car  la lenteur de l'administration brésilienne divisée entre la Fédération, les états et les communes ont fini par lasser les habitants.

L'Association des habitants du quartier de Corrego D'Antas joue un grand rôle. Son dynamique président, un pompier de Nova Friburgo, Sandro Schottz, ne ménage pas ses efforts. Et comme tout le monde il déplore les querelles politiques locales qui freinent l'aide à la reconstruction. « Ces événements ont mis le doigt sur les carences en infrastructures causées par une succession d’administrations municipales sans continuité », dit-il.

Lama Ce qui ne simplifie pas les choses, c’est que le maire en titre, Herodoto Bento de Melo, a été accidenté lors d’un séjour à Lausanne l’an dernier. Du coup, c’est son adjoint qui est en fonction. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les deux hommes, unis par les hasards d’une coalition politique locale, n’ont pas la même vision des choses!

Grincements avec la Suisse
Une des pommes de discorde est la relation avec la Suisse et plus précisément avec l’Association Fribourg-Nova Friburgo. «C’est bien joli de nous aider à fabriquer du fromage, nous dit le maire par intérim Dermeval Neto, mais aujourd’hui le Brésil a changé. Ce qu’il nous faut, ce sont des investissements industriels qui génèrent des emplois.» Et d’ajouter : «l’association suisse se contente d’envoyer en ballade des gens et des gymnastes en Suisse, mais tout ça ne profite qu’au même groupe restreint de personnes.»

Deslizamento Le courant ne passe plus des deux côtés de l’Atlantique avec une triste conséquence pour les victimes des intempéries: la collecte organisée en Suisse par l’Association a rapporté 320'000 francs mais la Mairie de Nova Friburgo ne s’y intéresse pas. Elle ne donne pas de réponse quand les responsable suisses lui demandent des propositions concrètes d’utilisation de ces fonds.

Projets en vue
Du coup les représentants de l’Association Fribourg-Nova Friburgo préfèrent trouver des moyens directs pour aider les sinistrés. «Nous allons financer des projets mais en gardant une vue d’ensemble sur l’utilisation de ces dons de nos compatriotes afin d’en garder le contrôle», nous explique Martin Schuwey. Cet ancien officier de l’armée suisse s’est installé ici après sa retraite et il préside la fondation de l’Institut de la Casa Suiça qui héberge notamment un petit musée, une fromagerie et une fabrique de chocolat. Premiers projets concrets en vue: la reconstruction d'une crèche et l’aide à un groupe de jeunes gymnastes dont plusieurs viennent de familles atteintes par les intempéries.

Une bonne feijoada vient conclure dans la gaieté l'avance des travaux de déblaiement réalisés en commun. Mais à Nova Friburgo personne ne peut oublier le traumatisme des intempéries de janvier 2011. Au moins 400 personnes ont péri. Un moment de prière vient rappeler cette tragédie et l'espoir qu'elle ne se reproduise pas.

Commentaires

Muito bom o intercâmbio com o nosso irmão da suíssa, compartilhar nossas angústias e também as boas coisas que temos.

Rédigé par : Alessandra | 29 mai 2011 02:56:13

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