Les blogs | La chronique météo de Philippe Jeanneret

Publié le 17 septembre 2018 à 11:47

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Après un périple de près de 10 jours, Helene va aborder les îles britanniques pendant la journée de lundi. Sa trajectoire présente un certain nombre d’analogies avec Ophelia, qui a circulé du même côté de l’Atlantique en octobre dernier, mais leur véritable point commun sera de faire grimper les températures.

Helene s’est accompagnée de vents soufflant jusqu’ 175km/h sur l’Atlantique équatorial la semaine passée. Ce qui a permis de la classer en catégorie 2 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Mais cette dernière a perdu une grande partie de son énergie en arrivant sur des eaux plus froides au Nord des Açores.

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Pendant la journée du 16 septembre, le NHC a annoncé qu’Helene était désormais devenue une tempête post-tropicale et qu’elle allait se diriger vers les îles britanniques avant de se faire absorber par les courants d’Ouest.


Si Ophelia s’est accompagnée de rafales près de 190 km/h sur les côtes d’Irlande entre le 16 et le 17 octobre 2017, Helene devrait s’accompagner de vents nettement moins soutenus. Selon les derniers bulletins du UK Met Office, les pointes ne devraient pas dépasser les 70 mph - soit un peu plus de 110 km/h – au passage de la tempête pendant les journées de lundi et de mardi.

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D’après les dernières sorties de modèles, Helene sera absorbée par les courants d’Ouest pendant la journée de mardi et poursuivra les jours suivants sa route vers le Nord-est, sous forme de dépression.


Poussée de chaleur inhabituelle

A l’instar d’Ophelia, Helene va s’accompagner d’une forte hausse des températures. Le phénomène s’explique par la présence de courants de Sud-ouest sur ses flancs, qui vont faire remonter de l’air subtropical en direction du Vieux Continent.


Les températures devraient ainsi atteindre les 35°C au Portugal, 30° à 32°C dans le Sud de la France et sur la vallée du Rhône. Météosuisse prévoit de son côté jusqu’à 27 degrés en région lémanique et même 28 en Valais. Ambiance estivale, rien à redire.


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Sables du Sahara en vue?

Les courants de Sud-ouest vont-ils s’accompagneront de sables sahariens, synonyme de couleur jaunâtre dans le ciel ? Le phénomène s’était produit au passage d’Ophelia.


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Selon les dernières sorties du modèle Skyron, de l’Université d’Athènes, le phénomène devrait avoir une portée réduite cette année, seuls l’Espagne et le Portugal devraient être concernés.
Mais nous ne se sommes pas à l’abri d’une surprise !


Philippe Jeanneret

Publié le 10 septembre 2018 à 14:46

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La côte Est des Etats-Unis devrait connaître son premier ouragan majeur cette année, avec l’arrivée de Florence sur les côtes de la Caroline du Nord et de la Caroline du Sud en fin de semaine. Le National Hurricane Center de Miami (NHC) prévoit des vents jusqu’à 240 km/h. La montée du niveau des eaux constituera également un danger.


Apparue au large des îles du Cap Vert il y a une dizaine de jours, Florence a suivi jusqu’à présent une trajectoire loin de toute terres habitées. Elle se trouvait ce matin vers le 24.9N – 58.9W, les dernières estimations faisant état de vents soufflant jusqu’à 165 km/h. Après avoir passablement hésité sur les différentes trajectoires possibles, les dernières sorties de modèles montrent que l’ouragan devrait circuler au Sud des Bermudes pendant la journée de mardi et se diriger ensuite vers la côte Est des Etats-Unis.


Ces mêmes sorties indiquent par ailleurs que les vents devraient s’intensifier ces prochaines 72 heures, atteignant 220 km/h mardi, puis 240 km/h entre mercredi et jeudi. Ce qui fera de Florence un ouragan particulièrement dangereux de catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Le phénomène s’explique par la présence d’eaux particulièrement chaudes à la surface de l’Atlantique (environ 29° C) et l’absence de phénomènes de cisaillement en altitude (changement de force et de direction du vent).

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L’impact sur la côte Est des Etats-Unis est prévu pour vendredi, les zones les plus exposées allant de Charleston (Caroline du Sud) au Cap Hatteras (Caroline du Nord). Au-delà des vents qui pourront encore atteindre les 220 km/h et des pluies diluviennes (plus de 500mm attendus), les spécialistes du NHC redoutent une montée du niveau de l’océan, de l’ordre de 3 à 4 mètres. De fait, plusieurs avis ont été lancés par les autorités américaines, invitant les populations à prendre toutes les mesures pour se protéger.


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Région généralement peu touchée par des ouragans majeurs

La Caroline du Nord et la Caroline du Sud se trouvent régulièrement sur la trajectoire des ouragans mais des évènements de catégorie 3 ou plus n’y sont pas monnaie courante. Le dernier ouragan de catégorie 3 à s’être abattu sur les deux états a été Jeanne en 2004, accompagné de vents à près de 195 km/h.


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Le dernier ouragan de catégorie supérieure à 3 à avoir circulé sur ces mêmes zones n’est autre qu’Hugo en 1989. Considéré comme l’un des plus puissants jamais observés sur l’Atlantique équatorial, ce dernier est entré dans les annales avec des rafales à près de 300 km/h en Guadeloupe et une pression de 918 hPa en son centre ! En arrivant sur les côtes de la Caroline du Sud, des vents à près de 217 km/h avaient été mesurés à Charleston. Pendant l’événement, la montée du niveau des eaux avait par ailleurs dépassé les 5 mètres.


L’arrivée d’un ouragan de catégorie 4 est d’autant plus redouté que la population des deux états est passée de 12,66 millions d’habitants en 2004 à 15,29 millions en 2017.


Philippe Jeanneret, avec le concours du National Hurricane Center de Miami (NHC)

Publié le 03 septembre 2018 à 12:41

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La saison 2017 a été marquée par la formation d’ouragans majeurs sur l’Atlantique équatorial, comme Harvey, Irma ou Maria qui a fait plus de 4000 victimes à Porto Rico. Mais l’activité semble plus faible cette année : seuls 6 systèmes tropicaux ont été répertoriés jusqu’à présent, contre 8 l’année passée à la même période. La tempête Florence qui s’est formée il y a quelques jours, va-t-elle changer la donne ? Voici les dernières analyses.


Les conditions n’ont guère été favorables à la formation d’ouragans ces dernières semaines. Mais une zone dépressionnaire a réussi à se former au large du Sénégal jeudi passé. Malgré la présence d’eaux relativement froides à la surface de l’océan, le système a bénéficié de bonnes conditions de vent en altitude, ce qui lui a permis d’atteindre le stade de cyclone tropical.


Florence se déplace actuellement à une vitesse au sol d’environ 20 - 30 km/h, loin de toute zone habitée. Les vents les plus forts soufflent à 80 – 90 km/h, d’après les estimations faites à partir des images satellite.

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La tempête va poursuivre sa route sur des eaux plus chaudes ces prochains jours, parallèlement, les phénomènes de cisaillement (variation de la force et de la direction du vent en altitude) devraient augmenter. Autant le premier facteur sera favorable à une intensification des courants, autant le second plaidera pour un maintien des vents actuels ou pour une baisse de régime. En l’état actuel, les prévisionistes du National Hurricane Center (NHC) de Miami optent pour la deuxième solution.


En fin de semaine, la situation sera différente : la tempête se trouvera dans un environnement moins marqué par le cisaillement, ce qui sera favorable à une intensification des vents. Selon les dernières estimations, ces derniers pourront atteindre les 90, voire 100 km/h. Bonne nouvelle, les dernières prévisions de trajectoire montrent que Florence circulera très au Nord des Caraïbes, loin de terres habitées mais la prudence reste de mise...


Prévisions revues à la baisse

Les premiers pronostics de l’année avaient tablé sur une saison cyclonique intense, avec l’avènement de 10 à 16 tempêtes nommées, 5 à 9 pouvant devenir des ouragans, parmi lesquels 1 à 4 sous forme majeure.

Mais l’activité a été relativement faible entre juin et août : seules 6 tempêtes tropicales ont été répertoriées sur l’Atlantique équatorial, dont deux sous la forme d’ouragan, avec l’avènement de Beryl et de Chris au mois de juillet.


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La présence d’eaux moins chaudes que la normale à la surface de l’Atlantique équatorial, la fréquence des phénomènes de cisaillement en altitude mais également le fait que le temps soit relativement sec sur l’Ouest de l’Afrique, ont convaincu les spécialistes de revoir leurs estimations à la baisse.

Selon les dernières prévisions, publiées le 9 août, le National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) annonce finalement une saison inférieure à la moyenne avec 9 à 13 tempêtes nommées, 4 à 7 ouragans, dont 0 à 2 sous forme majeure.

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On précisera que sur l'Atlantique équatorial, le pic d’activité est généralement atteint entre la fin août et la mi-octobre et que la saison cyclonique se termine officiellement le 30 novembre.


Philippe Jeanneret, avec le concours du National Hurricane Center de Miami (NHC)

PS Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la formation des cyclones, cliquez ici.

Publié le 27 août 2018 à 15:10

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L’été météorologique se termine cette semaine avec des températures d’environ 2 degrés supérieures à la moyenne. Ce qui en fera le troisième le plus chaud en Suisse depuis le début des mesures ! Si l’écart à la norme a été particulièrement marqué, le nombre de journées tropicales a également été assez impressionnant, atteignant généralement le double de ce qui est habituellement observé. La station de Sion a même égalé son record de 2015, selon un bilan provisoire. Voici les chiffres pour les principales stations de Suisse-romande:


Le tableau ci-dessous comptabilise les journées tropicales, avec une température maximale égale ou supérieure à 30 degrés. Le tout pour les mois de juin, juillet et août.


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La palme revient à Sion, avec 44 journées tropicales. Le record de 2015 est égalé, devant l’été 2003 qui avait pour sa part totalisé 40 journées tropicales. Il convient de préciser que ce chiffre est provisoire: si les températures passent encore la barre des 30 degrés d'ici au 31 août, 2018 arrivera en première position!

La station de Genève compte pour sa part 32 journées tropicales, ce qui représente la troisième valeur la plus élevée après 2003 (44 journées tropicales) et 2015 (34 journées tropicales).


Pour les autres stations, le nombre de journées tropicales oscille entre 14 et 17. Certes, le chiffre est nettement inférieur à celui de Sion ou de Genève. Il n’en représente pas moins le double de la norme, 1981–2010.


Écart encore plus marqué par rapport à la norme 1961-1990

Témoin du réchauffement climatique sur la région des Alpes, voici les chiffres de l’été 2018, comparés cette fois à la norme 1961-1990. Les valeurs sont trois fois plus élevées pour Genève et Sion. Le coefficient est de quatre en moyenne pour Payerne, Neuchâtel, Pully et Delémont.


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Nombre de journées tropicales vraiment plus élevé à Sion?


Le nombre de journées à 30 degrés semble comparable à celui de 2003 à Sion mais la retenue s’impose, malgré le caractère officiel des mesures. La présence de hangars d’une superficie de 18'000 m2, à une vingtaine de mètres seulement de la station d’observation de l’aérodrome de Sion, fausse en effet les mesures depuis 2012.

« Une masse sombre accumule beaucoup plus d’énergie solaire et de chaleur qu’une zone claire ou couverte de verdure», explique Didier Ulrich de Météosuisse. « Et la présence d’un bâtiment moderne, couvrant une vaste surface, peut avoir influence significative sur la température des zones avoisinantes, par temps ensoleillé. A Sion, le phénomène est manifeste dès qu’un vent d’Ouest se lève, car l’air chaud qui se trouve à proximité des hangars se déplace vers la station de mesure! ».


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Difficile de dire à quel point le nombre élevé de journées à 30 degrés enregistré à Sion est en lien avec la présence de ce nouveau bâtiment. Mais le problème devrait être réglé à terme, avec la mise en service par Météosuisse d’une seconde station en parallèle, cette à l’abri de toute interférence.


Philippe Jeanneret, avec le consours d’Oliver Duding de Météosuisse.


Publié le 25 juin 2018 à 09:52

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Les fuites de méthane provenant de l'industrie pétrolière et gazière américaine sont supérieures de 60 % aux estimations officielles, selon une étude publiée le 21 juin par la revue Science. La différence s’explique par le fait que perditions liées à la vétusté des installations n’avait pas été comptabilisé correctement. Faut-il pour autant parler de mauvaise nouvelle ? La réponse est nuancée.


Au cours des 20 premières années qui suivent son émission dans l’atmosphère, le méthane a un pouvoir réchauffant 80 fois plus élevé que celui du CO2 : les scientifiques estiment qu’il contribue à environ 25% du réchauffement planétaire.


Globalement, 60% des émissions de méthane sont liées aux activités humaines : une grande part de ces émissions est liée aux rejets de l’agriculture, à l’élevage et aux feux de forêts. Les rejets liés à l’exploitation des ressources gazières et pétrolifères jouent également un rôle important.


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Selon des estimations faites en 2012, notamment par l’Agence américaine de Protection de l’Environnement (EPA) les taux de fuite de méthane oscillent entre 1% et 8% sur le territoire américain. Ces chiffres n’ont cependant jamais fait l’objet d’un consensus de la part des scientifiques, faute d’étude suffisamment complète dans ce domaine.


Pour combler cette lacune, Ramón Alvarez, un chimiste de l'atmosphère du Environmental Defense Fund, a compilé avec son équipe toutes les données disponibles, notamment celles qui tenaient compte des perditions liées aux installations individuelles ; les différentes mesures ont été validées par des relevés aériens. L’étude a par ailleurs couvert le 30% de la production gazière américaine, ce qui a permis de faire une extrapolation assez fidèle pour évaluer l’ensemble des émissions sur le territoire des Etats-Unis.


L'équipe est arrivée à la conclusion que la chaîne d'approvisionnement en pétrole et en gaz des États-Unis émet chaque année environ 13 millions de tonnes de méthane, principal composant du gaz naturel. Chiffre beaucoup plus élevé que l'estimation de l'Agence américaine de protection de l'environnement qui était d'environ 8 millions de tonnes. Soit un taux de fuite de 2,3% et non pas de 1,4%.

« Cet écart provient probablement du fait que les enquêtes sur les émissions de l'EPA ne tenaient pas compte des sources potentielles de fuites de méthane, comme les équipements défectueux des installations pétrolières et gazières », explique Ramón Alvarez.


« Si rien n'est fait » ajoute-t-il « les émissions de méthane provenant de l'industrie pétrolière et gazière pourraient minimiser les avantages du gaz naturel, qui libère beaucoup moins de dioxyde de carbone et d'autres polluants toxiques que le charbon, lorsqu'il est brûlé ».


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Le taux de fuite du méthane sur le territoire américain pourrait même être supérieur à ce qui est annoncé, pour Robert Howarth, spécialiste des systèmes terrestres à l'Université Cornell à Ithaca, New York. Interrogé par la revue Nature, ce dernier explique que les chercheurs n'ont pas pris en considération les émissions des systèmes de distribution de gaz dans les zones urbaines. Lesquelles constituent également une source de perdition.


Mais Ramon Alvarez voit le bon côté des choses : dans la mesure où une part importante de ces fuites est due à des équipements défectueux, la mise en place de systèmes de détection des dysfonctionnements des installations pétrolières et gazières pourrait constituer une "opportunité énorme" pour réduire les émissions de méthane.


On précisera que l’étude survient un an après que l'EPA ait annoncé son intention de retarder la mise en place d’une règlementation pour limiter les émissions de méthane produites par les opérations de forage pétrolier et gazier. Introduite sous l'ancien président Barack Obama, cette dernière n'entrera en vigueur qu'en 2019. Retard largement imputable à la volonté de Donald Trump et de l’administrateur de l’EPA, Scott Pruitt…


Philippe Jeanneret, avec les revues Science et Nature

Publié le 18 juin 2018 à 14:44

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Plusieurs indicateurs montrent que les hautes pressions ont de bonnes chances de se maintenir sur les Alpes ces prochaines semaines. Les températures devraient même être supérieures à la normale selon les prévisions du Centre Européen (CEPMMT) ou celles du Climate Prediction Center américain. Cela signifie-t-il que des sécheresses ou des grandes chaleurs sont en vue ? Pas forcément : voici la tendance pour les prochaines semaines :

Les pressions sont à la hausse en ce début de semaine : les dépressions circulent plutôt entre le Nord des îles britanniques et la Scandinavie. De son côté, le fameux jet-stream qui marque la présence des fronts polaires en altitude, circule très au Nord. Pas de doute, l’anticyclone des Açores et de retour.

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Les dernières prévisions hebdomadaires montrent que ce dernier pourra perdre de sa vigueur entre jeudi et vendredi. Certes, la tendance aux averses va augmenter, la bise également va faire parler d’elle avec une légère baisse des températures à la clé. Mais tout cela ne devrait pas durer: soleil et chaleur reprendront le dessus en fin de semaine.

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La prévision mensuelle donne le même signal: les indices de fiabilité sont assez moyens à partir du 26 juin mais les dernières sorties de modèles montrent un nette dominante de hautes pressions entre le proche-Atlantique et l’Ouest de l’Europe pour les quatre semaines à venir. Sur son site web, Météosuisse mise également sur des températures supérieures à la norme.

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De leur côté, les prévisions saisonnières montrent aussi cette dominante de hautes pressions, associée à un temps ensoleillé et chaud. Le Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEPMMT) et celui du Climate Prediction Center (CPC) américain semblent assez unanimes. Mais il est vrai que les indices de fiabilité sont moins bons…

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Au vu de ce qui précède, l’été devrait être plutôt ensoleillé et chaud, bonne nouvelle !
Il convient cependant de rappeler qu’il ne s’agit que de tendances. Ces dernières ne permettent pas de prévoir longtemps à l’avance des événements ponctuels comme l’incursion d’une perturbation. Encore moins des évènements extrêmes comme des orages violents ou une période de canicule... Ce genre de situation se prévoit au mieux quelques jours à l’avance.


Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

Publié le 11 juin 2018 à 11:14

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La recherche s’est focalisée sur l’intensité, la trajectoire et le nombre des cyclones, ces dernières années. Mais elle ne s’est pas beaucoup intéressée à leur vitesse de déplacement. Or selon une étude menée par un chercheur de l’Université du Wisconsin, cette dernière s’est ralentie de manière significative ces dernières décennies. Ce qui a un impact non négligeable sur les quantités de précipitations…


James P. Kossin, de l’Université du Wisconsin a mené une étude approfondie sur la vitesse de translation des cyclones entre 1949 et 2016, soit 68 années de mesures. Les observations satellite n'ont commencé qu'à partir des années 60 - ce qui rend parfois difficile la détection d’événements sur les océans - mais le suivi systématique des cyclones par les météorologues permet d'avoir une vision suffisamment étendue du phénomène.


L’analyse des données montre que les changements dans la vitesse de translation des cyclones varient considérablement d’une région à l’autre mais elle met en évidence des ralentissements de 20 à 30 % sur les régions de terre situées à proximité de l'ouest de l'océan Pacifique Nord, de l'océan Atlantique Nord et autour de l'Australie. A l’échelle globale, ce ralentissement serait d’environ 10%, des vitesses de translation des cyclones inférieures à 20 km/h ayant augmenté de manière significative à la fin du XXème siècle.


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Ces travaux soulignent l’influence de la circulation générale des courants sur les quantités de précipitations générés par les cyclones tropicaux à l’échelle régionale. Ces derniers ont en effet tendance à " suivre le courant ", ce qui signifie que la direction et la vitesse auxquelles ils se déplacent sont guidées par les vents environnants. Tout changement dans la circulation tropicale pourrait ainsi affecter la vitesse de translation des cyclones à l’avenir.


Les conclusions de James P. Kossin, publiés la semaine dernière dans la revue Nature, mettent en évidence le phénomène des cyclones dits " bloqués ". Caractérisés par une vitesse de translation extrêmement lente (à l’image du typhon Morakot1 qui s'est déplacé au-dessus de Taïwan à une vitesse de translation de 5 km/h en 2009), ces derniers peuvent générer des cumuls de précipitations particulièrement élevés. Ils peuvent également revenir sur les mêmes zones, comme le cyclone Hyacinthe, qui est passé trois fois sur la Réunion en 1980. Le cumul des deux a même été observé pendant les événements d’Harvey sur le Texas en 2017.


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Les cyclones tropicaux sont parmi les désastres les plus dangereux sur Terre, par la force des vents qui les accompagnent mais également par les quantités énormes de précipitations qu’ils génèrent, explique Christina Patricola, spécialiste du climat et de l’atmosphère à l’Université de Berkeley en Californie.


Mais la chercheuse reste assez prudente : "les découvertes de Kossin soulèvent beaucoup de questions mais on ne sait pas vraiment si ces cyclones « lents » sont devenus plus fréquents, ni comment la variabilité naturelle et le changement climatique d'origine humaine peuvent contribuer à une telle tendance. Il n'est par ailleurs pas aisé de prévoir des tendances pour le futur. Mais il ne fait pas de doute que l’étude aide à une meilleure compréhension du phénomène.


Philippe Jeanneret, avec le Magazine Nature

Publié le 04 juin 2018 à 14:18

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Plusieurs méthodes ont été mise au point ces dernières années pour capturer le CO2 résultant de la combustion d’énergies fossiles. Technologies hélas assez coûteuses en général. Des solutions économiques sont cependant en passe d’être mises au point aux Etats-Unis, selon le Magazine Nature. Des usines de production d’électricité au gaz naturel - respectueuses de l’environnement - pourraient même voir le jour cette année.


Une équipe d’ingénieurs de La Porte au Texas s’est livrée à une batterie de tests assez concluants ces dernières semaines, afin de valider un système de production d’électricité « propre » à partir de gaz naturel. Mis au point par la société Net Power à Durham en Caroline du Nord, avec la collaboration du géant Toshiba, ce dernier se caractérise par l'utilisation une boucle de CO2 chaud et pressurisé.


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La première étape consiste à remplir le système de CO2, puis à le chauffer pour entraîner une turbine, comme une centrale électrique conventionnelle qui chauffe de l'eau pour créer de la vapeur. La chambre de combustion utilise pour sa part un mélange de gaz naturel et d'oxygène, extrait de l'atmosphère au terme d’un processus séparé. Le procédé permet de chauffer le CO2 dans la boucle qui entraîne la turbine et de produire du CO2 supplémentaire. A l’inverse de ce qui se passe avec des turbines traditionnelles, le CO2 généré en fin de processus est pur et directement stockable.


Selon Rodney Allam, ingénieur chimiste et concepteur en chef du système, il devrait être possible de produire une électricité aussi bon marché et efficace qu'une centrale électrique au gaz classique et moderne. Si les essais se déroulent comme prévu, NET Power devrait même mettre sa turbine en service et produire de l'électricité avant la fin de l’année.


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Les ingénieurs de NET Power doivent cependant régler un certain nombre de questions techniques, notamment au chapitre de la chambre de combustion, précise le Magazine Nature. Les coûts précis du système doivent également être définis.


Philippe Jeanneret


Publié le 28 mai 2018 à 11:24

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L’information n’a pas fait beaucoup de vagues en Suisse la semaine passée, elle mérite pourtant qu’on s’y attarde : soutenues par une armada d’ONG et de juristes, onze familles attaquent le Parlement européen pour ne pas avoir fait le nécessaire afin de protéger les populations contre les effets du réchauffement climatique. Le cas n’est pas isolé, d’autres procédures ont été lancées dans différents pays du monde, dont les Etats-Unis. Les enjeux sont de taille.


Le 24 mai dernier, plusieurs conférences de presse ont été données simultanément dans différentes capitales européennes pour présenter l’action collective de onze familles contre le Parlement européen. Cas sans précédents, jusqu’à présent seuls des Etats ou des entreprises avaient fait l’objet d’actions en justice, jamais un groupement de pays.


Venues des quatre coins du monde, ces familles font aujourd’hui les frais des changements climatiques: une première a perdu sa plantation de chênes dans les feux de forêts qui ont ravagé le Portugal en 2017 ; une seconde estime avoir perdu en six ans 44% de ses récoltes en France ; une troisième risque de perdre son hôtel-restaurant, bâti sur une île exposée à la montée du niveau des eaux en mer du Nord. Des familles du Kenya et des îles Fidji participent également aux démarches pour démontrer la dimension planétaire du problème.

Action principalement dirigée contre la législation européenne


Les plaignants estiment insuffisantes les mesures prises par l’Union Européenne pour garantir les droits fondamentaux à la vie, à la santé ou à la propriété des populations, par rapport aux objectifs fixés par l’accord de Paris sur le Climat (COP21). L’action vise notamment l’annulation de paquets législatifs en cours de publication, régulant les quotas d’émission de CO2, les activités non couvertes par le marché du carbone et la gestion du secteur forestier. Pour rappel, l’Union européenne s’est fixée pour objectif de réduire d’au moins de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, par rapport aux niveaux mesurés en 1990.


Les familles sont largement soutenues par des ONG, comme Climate Action Network, Greenpeace ou Care International ou Friends of the Earth. Elles disposent par ailleurs d’une armada d’avocats spécialisés de ce genre de cas, comme Roda Verheyen qui a obtenu en novembre 2017 qu’un tribunal allemand entre en matière pour examiner une demande d’indemnisation d’un agriculteur péruvien qui estime l’énergéticien allemand RWE responsable de la fonte des glaciers dans son pays.


Les juges n’auront pas la tâche facile. Ils devront examiner les préjudices subis par les plaignants, leur lien avec les réchauffements climatiques et surtout la responsabilité de l’Union européenne dans sa politique d’environnement. Point qui fera probablement l’objet de nombreux débats.


La question des droits de l’enfant – et des générations futures - devrait également être prise en compte, au regard de l’article 6 al 2 de la Convention sur les droits de l’enfant qui stipule que les États doivent prévenir les risques auxquels les enfants peuvent être particulièrement exposés, y compris les risques liés à la crise financière, économique, climatique et énergétique.

D’autres actions dans le monde


Un certain nombre d’actions ont été menées devant les tribunaux ces dernières années. Rien que sur le territoire des Etats-Unis, plus de 800 cas ont été recensés. Le 8 avril, 2016, le juge Thomas Coffin, du district fédéral de l’Oregon a notamment jugé recevable la plainte de 21 enfants et adolescents, qui accusent le gouvernement de ne pas les protéger contre le réchauffement climatique. La procédure durera probablement plusieurs années mais le fait que la justice ait accepté d’entrer en matière constitue déjà un succès en soi.


Certaines actions ont déjà abouti à des résultats concrets : le 24 juin 2015, un tribunal a par exemple condamné l’Etat néerlandais à réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays de 25% par rapport à 1990, d’ici à 2020. On peut parler de précédent.


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Pour le spécialiste du droit de l’environnement Laurent Neyret, cité par le journal "Le Monde", l’initiative montre que « la société civile est une fois de plus la gardienne du respect des engagements internationaux » et constitue une « action politique par le biais d’une action judiciaire ». Reste à savoir si les cours européennes iront dans le même sens que les tribunaux néerlandais...



Philippe Jeanneret avec les agences


Publié le 22 mai 2018 à 13:57

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L’expression « marais barométrique » a refait son apparition dans les bulletins météo : un grand classique des périodes printanières et estivales ! Fait particulier, ce genre d’évènement ne s’apparente ni aux situations dépressionnaires, ni aux situations de hautes pressions. De quoi s’agit-il? Petite piqûre de rappel.


On parle de marais barométrique lorsque les différences de pressions sont faibles de parts et d’autres de l’Europe centrale et occidentale, les isobares apparaissant de manière espacée sur les cartes au sol. Bien que ces situations se produisent en marge des courants perturbés, elles ne s’apparentent pas aux situations de hautes pressions.

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Contrairement aux situations de hautes pressions qui s’accompagnent de mouvements vers le bas (dits de subsidence), les marais barométriques se caractérisent par de fortes ascendances, synonymes d’air instable, propices aux évolution diurnes. Ils se développent avec des pressions au sol comprises généralement entre 1010 et 1020 hPa (QNH).


Situations propices aux évolutions diurnes
Dans les situations de marais barométrique, le rayonnement solaire échauffe le sol par temps ensoleillé, entraînant une augmentation des températures dans les basses couches de l’atmosphère. Tout corps qui s’échauffe ayant tendance à se dilater, l’air devient de plus en plus léger, ce qui lui permet s’élever.

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Cet air plus léger entraîne de l’humidité dans son ascension. En prenant de l’altitude, ce dernier se refroidit, provoquant des phénomènes de condensation. D’où la formation de nuages sous forme de cumulus. Si les contrastes thermiques et l’humidité ambiante sont suffisants, ces cumulus pourront évoluer en orages, à l’image des évènements de ces derniers jours.


Impact assez net sur la qualité de la prévision

Les modèles numériques disposent aujourd’hui d’une résolution assez fine (de l’ordre du kilomètre), leur permettant de décrire les précipitations à l’échelle locale, au passage d’une perturbation. Ces derniers sont également capables de décrire les situations orageuses mais dans ce genre de situations, ils restent relativement imprécis : parfois les orages se développent 20 kilomètres plus au Nord, parfois plus à l’Ouest… Des erreurs peuvent également se produire dans les horaires donnés.

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Ces erreurs proviennent en grande partie de la complexité des processus orageux, notamment du nombre de paramètres élevés dont un modèle doit tenir compte pour calculer une évolution.


Tout cela ne signifie pas que ces modèles soient de mauvaise qualité, mais qu’il faut se garder des interprétations « à la lettre ». Ainsi, lorsque, le modèle montre des orages sur le Chasseral à 14h30, vaut mieux en rester à l’idée que des orages peuvent se produire l’après-midi le long du Jura, ou plus simplement que « des orages peuvent se produire »…


Philippe Jeanneret


A propos

Chaque jeudi (au minimum) à 20h sur RTS Un, l'équipe météo commente une photo envoyée par les internautes. N'hésitez pas à nous envoyer des clichés de phénomènes météorologiques dont vous êtes les témoins.
Philippe Jeanneret

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